Larue Bio Français - La Nouvelle Galerie de Saint-Quay-Portrieux

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 présente...  Henri Landier
Un univers marin

La mer et l’univers maritime tiennent une place centrale dans l’œuvre foisonnante de Henri Landier. «Ce fut l’école du regard et de la vie. » insiste-t-il souvent. Nous sommes en décembre 1954 dans le port de Rouen, où un tout jeune peintre parcourt les quais, émerveillé. Les hasards de la vie lui ont procuré un embarquement comme pilotin sur un cargo. Mais si cette opportunité était  supposée l’arracher à la misère noire dans laquelle il survivait à Paris, elle lui ouvre en fait un domaine de création fantastique. Comme il déambule en quête du Marcel Schiaffino, les grues éclairées par des projecteurs, les coques sombres des navires, la noria des dockers, tout l’inspire. Henri Landier se souvient : « Je n’arrêtais pas de dessiner, fasciné par la mer et les ports, tandis que la vie à bord, surtout pendant les quarts de nuit, était propice à la méditation. ».

Henri Landier bourlingue. Après la ligne d’Afrique du Nord sur un Schiaffino, il embarque sur des pétroliers qui sillonnent toutes les mers du globe. Le pilotin devient lieutenant. Entre les journées interminables dans les calmes tropicaux, l’exotisme dangereux des bouges de Maracaibo, un typhon qui fait craindre le naufrage... les expériences se succèdent. À tout instant, en mer aussi bien qu’à l’escale, il croque : gestes de matelots à la manœuvre dans la houle, tuyauteries des salles de machine, navire croisé au large... Pendant ses permissions, il fréquente volontiers la côte normande, ce qui l’amène à peindre le port et les hauts fourneaux de Caen, où il séjourne chez ses amis collectionneurs et galeristes Geneviève et Bernard Bedel.

C’est cette belle aventure marine que raconte le livre illustré En mer avec Henri Landier. Six ans après son premier embarquement, le jeune lieutenant arrive à un tournant de sa vie : soit il poursuit une carrière d’officier, soit il consacre sa vie à l’art. D’un côté le confort de la marine marchande, de l’autre l’aventure de la précarité. En optant pour l’Art, Henri Landier ne rompt cependant pas avec la mer, qui demeure une source d’inspiration intarissable.
Son épouse Romaine est Bretonne, originaire de Lorient. En 1981, elle lui fait découvrir les cimetières de bateaux du Blavet et de Trégunc dont il fait de grandes aquarelles et des peintures à l'huile travaillées au couteau avec des aplats de couleurs froides dans des tons verts, gris et ocres bruns ; ce qu’on appellera La palette varech. L’année suivante il découvre la Côte Sauvage de Belle-Île, où le déferlement de la houle sur les falaises verticales se traduit en compositions abstraites d’une force d’évocation irrésistible.    La Bretagne devient dès lors la destination favorite de la famille Landier en vacances. À Belle île, sur l'île aux Moines chez les amis Montoriol en 1990, à Crozon en 1996,  à Plozevet dans les années 2010, et Saint Malo à plusieurs reprises... C’est lors de ces séjours que naissent, en aquarelles, les portraits de sa fille Virginie parmi les rochers, comme La jeune bretonne à la coiffe ;  La liseuse en Bretagne avec Romaine ; le Calvaire de Plozevet avec des bigouden ; et cette transposition du Christ jaune de Gauguin, que Landier installe devant la mer. À Crozon, le thème des falaises s’impose à nouveau, en inspirant une série de grandes peintures à l'huile très géométriques et stylisées partant vers une abstraction mouvementée et colorée, principalement en rouges, orangés, violets et gris. Tandis qu’en 2012 et 2015, à Plozevet, les masses imposantes du granit massif des roches surplombant la mer se traduisent par une palette plus sobre, simplifiée. Quant à l’univers maritime des ports, Henri Landier le retrouve  pendant l’été 2003, à Imperia et Porto Maurizio où, sous le soleil implacable de la riviera italienne, les navires arborent les drapeaux arcs en ciel du mouvement pacifiste Pace.
Telle est la belle aventure humaine que nous raconte l’exposition En mer avec Henri Landier. 150 œuvres — dessins, gravures sur cuivre, bois gravés, aquarelles, huiles sur toile —  qui illustrent l'évolution de son œuvre maritime ; de ses débuts de jeune peintre famélique devenu pilotin, à la maturité de l'artiste reconnu. Près de soixante-dix ans après sa déambulation sur les quais de Rouen un soir de décembre 1954, Henri Landier n’a rien perdu de la fièvre et de l’énergie créatrice qui caractérisent la carrière de ce grand peintre et graveur français. Son œuvre est, tout simplement, colossale.

Dominique Le Brun
La Nouvelle Galerie, 5 rue Georges Clémenceau, 22410 Saint-Quay-Portrieux.
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